Chapeau de construction

Au cours de ma récente période de vacances, j’ai eu l’occasion de bricoler. En effet, mauvais temps aidant, je me suis mis activement à la construction d’une petite remise. 

Étant plutôt de type "intello-sportif", mes talents d’ouvrier manuel ne sont pas très reconnus au Saguenay! 

Première journée, tout va bien, le projet prend forme, la température est belle et les outils fonctionnent bien. J’ai beaucoup d’énergie. 

Deuxième journée, ça se gâte un peu : orages fréquents, outils désuets, fatigue se faisant sentir et plaies et écorchures un peu partout sur le corps ralentissent mes ardeurs. 

Troisième journée, J’en peux plus!

Orages incessants, courbaturé de partout, marteau qui me tombe sur la tête, moral dans les talons, je songe à appeler de l’aide. 

Mon orgueil en prend un coup! Moi qui suis capable de jouer au tennis pendant 3 heures, de courir plus d’une heure et de faire du ski de fond pendant 4 heures, je me retrouve épuisé, brisé et déprimé. 

J’avoue que je dois lever mon chapeau devant tous les travailleurs de la construction. À l’avenir, quand je vais les évaluer et les traiter en clinique privée de physiothérapie, je vais les voir maintenant d’un autre œil et avec encore plus de respect. 

Principale blessures

Au cours des dernière années nous avons observé particulièrement que 2 métiers et leurs travailleurs viennent consulter fréquemment en physiothérapie suite à des blessures musculo-squelettiques. Le travail de préposée aux bénéficiaires, pour plusieurs raisons dont j’ai déjà parlé et les travailleurs de la construction. Ces derniers, en raison de la nature même difficile du travail répétitif et/ou en force, consultent pour toutes sortes de blessures! 

Bien sûr, les maux de dos cervico-dorso-lombaire reviennent souvent dans le portrait, mais beaucoup d’autres articulations comme les épaules, les coudes et les genoux sont fréquemment atteintes.

Entorses lombaires, tendinites multiples aux épaules, épicondylite du coude et entorses des genoux viennent hanter fréquemment les ouvriers de la construction. 

Certaines positions en déséquilibre et la manipulation de matériaux de toutes sortes ouvrent la porte à des blessures traumatiques ou répétitives. Passer une partie de la journée sur une toiture inclinée en posant du lourd bardot de toit par un 30˚, ce n’est pas de tout repos. 

En passant, j’ai baissé le rythme de travail et j’ai réussi par finir mon projet de remise, deux semaines plus tard. Actuellement je guéris les nombreux petits bobos et je devrais être meilleur et plus endurant pour le prochain chantier. J’étais par contre content de retrouver mes patients et mes dossiers. 

Travailleurs de la construction, chapeau de construire le Québec jour après jour et c’est normal que votre corps crie à l’occasion. 

 

 

André Girard, pht