Blessures au jardinage

S’il y a une activité qui est régulièrement pratiquée par les québécois et dont on parle rarement dans les milieux médicaux c’est le jardinage. Pourtant c’est une passion très exigeante pour la région lombaire, les épaules, les genoux et les mains.

Dans notre travail journalier, nous dépensons beaucoup d’énergie à adapter notre environnement de travail pour qu’il soit le plus ergonomique possible.

Pour le jardinage, c’est nous qui s’adaptons à la surface de travail qui demeure la terre et le sol.

ENTORSE LOMBAIRE 

Avant de planter nos fleurs et nos légumes, la préparation du sol par le bêchage manuel est particulièrement difficile pour la région lombaire. Nous nous butons souvent sur du matériel dont le poids peut varier énormément en raison de son degré d’humidité. Par exemple, si vous manipulez de la glaise ou du sable sec ou humide, le poids peut varier énormément. Si vous vous attendez à soulever une pelletée de 10 livres et qu’en réalité elle en pèse 30 livres en raison de son engorgement de liquide, vous risquez une blessure.

Rappelez-vous aussi que la région lombaire est biomécaniquement construite pour faire des flexions et extensions du tronc. Si vous rajoutez des mouvements de torsion vous exigez un travail inhabituel de vos tissus mous. C’est alors que l’entorse lombaire peut se produire.

 GENOUX DE SOEURS

Pour travailler à la hauteur de nos plants, nous devons souvent nous mettre à genou. Cette  position prolongée peut être néfaste car elle augmente la pression sur l’articulation fémoro-rotulienne. À une période où les religieuses priaient fréquemment à genou, elles développaient des bursites ou genoux de sœurs. Il existe aujourd’hui de pratiques petits bancs de jardinage protégeant ainsi la colonne lombaire et vos genoux. Il faut par contre prendre le temps de bien les utiliser.

TENDINITES

On est satisfait quand nos plantations poussent rapidement et on utilise même des engrais pour accélérer leur croissance. Par contre, les mauvaises herbes autour poussent aussi vite et il faut les sarcler. Cette activité répétitive demande beaucoup des poignets et des mains et il en résulte souvent des tendinites multiples. Si vous pratiquez un bon paillage autour de vos plants, cela limitera le sarclage dont on voudrait bien se passer.

Beaucoup de patients viennent en clinique avec une blessure causée par les nombreuses heures consacrées à leur passion du jardinage. Pour rien au monde ils ne voudraient cesser car en plus ils me signalent qu’ils ont une responsabilité envers ce qu’ils ont semé. Les physiothérapeutes ont quelques petits trucs dans leur brouette d’outils pour vous aider à poursuivre votre passion.

 

Tiré des articles du journal du Québec par André Girard, Physiothérapeute