La séparation de l’épaule

L’articulation acromio-claviculaire

Olivier, 35 ans joue au hockey dans une ligue de garage 1 ou 2 fois par semaine.  Lors de la dernière rencontre, en voulant récupérer la rondelle près de la bande, il a perdu pied et son épaule droite a percuté de plein fouet la balustrade rigide.  En se relevant, il a immédiatement ressenti une douleur intense au dessus de l’épaule avec une incapacité à s’en servir.  Olivier a probablement subit une entorse acromio-claviculaire communément appelée une séparation de l’épaule.

Au niveau de l’épaule, nous avons 2 articulations qui participent aux mouvements.  La première, la gléno-humérale est responsable de la majorité des mouvements de l’épaule.  C’est à cette articulation que nous retrouvons capsulites, tendinites et ruptures de la coiffe des rotateurs.  La deuxième est une articulation accessoire qui permet d’aller chercher des degrés de mouvements supplémentaires.  Elle est formée par l’extrémité de la clavicule et par une partie de l’omoplate qu’on appelle l’acromion.  De plus, l’articulation acromio-claviculaire est recouverte par un gros ligament ou élastique qui la stabilise.

Pour revenir à Olivier, dès le lendemain il a remarqué une déformation importante au niveau de son épaule.  Sa clavicule apparait déplacée vers le haut et il observe une « note de piano » ou bosse évidente au site de la lésion.

Sa douleur étant particulièrement forte il se décide enfin à consulter à l’urgence.  Le médecin, après avoir fait passer des radiographies qui se sont avérées normales, diagnostique une entorse acromio-claviculaire de grade III.

Étant donné la gravité du cas, Olivier est référé à un orthopédiste qui décidera soit d’un traitement conservateur ou chirurgical.

Si l’orthopédiste voit de l’arthrose et qu’il doive opérer, il procédera à une résection ou coupure de la partie externe de la clavicule.

Étant donné qu’Olivier est moyennement actif et qu’il ne fait pas un travail manuel et répétitif, il est référé en physiothérapie pour un traitement conservateur.

Après un temps de guérison et d’immobilisation, le physiothérapeute fera une évaluation minutieuse et des traitements pour conserver la mobilité et corriger les déficits posturaux et musculaires.

De plus, certaines techniques de "taping" ou d’immobilisation semi-rigide seront très utiles pour ajouter à la stabilisation de l’articulation lésée. Enfin l’épaule d’Olivier est ré-examinée par son physiothérapeute.  Ce dernier lui conseillera alors un retour au jeu prudent si ses tests sont satisfaisants.

Olivier a donc fait un retour au jeu réussi marquant même 2 buts dont celui de la victoire.  Vive la physiothérapie!!!!!

 

Tiré des articles du journal du Québec par André Girard, physiothérapeute.