De bonnes hanches

Eh oui! Nous vivons plus vieux! Effectivement depuis quelques décennies l’espérance de vie a augmenté significativement, chez les femmes mais aussi les hommes. C’est bien beau tout ça de rajouter de la quantité de vie mais il faut que la qualité soit au rendez-vous. Rares sont ceux qui souhaitent vivre cent ans dans des conditions lamentables. La popularité sur le terrain du projet de loi sur l’aide médicale à mourir en est la preuve. Avec la prolongation de la durée de vie vient automatiquement les problèmes d’arthrose ou d’usure à différentes articulations. Les hanches sont souvent atteintes…

  

 USURE

Pour simplifier, l’articulation de la hanche est composée de la tête du fémur et d’une cavité dans le bassin appelée le cotyle. Avec le temps et dans des conditions défavorables, le cartilage de ces os originellement lisse, devient rugueux un peu comme du papier sablé.

Il en résulte des douleurs situées surtout dans l’aine lors de certains mouvements. Par la suite, si l’articulation continue à se détériorer, on remarque des douleurs au repos qui irradient aux structures autour. Ainsi progressivement il s’installe des raideurs importantes. Par exemple, le simple fait de mettre ses chaussettes devient une aventure pénible. Rendu à ce stade, une visite chez l’orthopédiste est nécessaire afin d’évaluer la marche à suivre pour l’avenir. Par un bon examen physique et des radiographies pour évaluer l’épaisseur du cartilage, le spécialiste discutera avec vous des options possibles pour le futur.

Il pourra vous conseiller un traitement conservateur ou une approche chirurgicale par une prothèse de la hanche (P.T.H.).

  

L’APPROCHE CONSERVATRICE

Si les examens objectifs ne montrent pas d’arthrose sévère et si vous n’êtes pas trop limités dans vos activités de la vie quotidienne, l’orthopédiste pourra suggérer un traitement conservateur. Il consiste en la prise d’une médication anti-inflamatoire, la possibilité d’infiltration de cortisone et/ou de physiothérapie.

Le physiothérapeute, par différentes modalités anti-douleurs et anti-inflammatoires tentera de diminuer la crise aiguë. Ensuite par des mobilisations passives des articulations concernées, il s’assurera de préserver ou d’augmenter l’amplitude des mouvements. Enfin, avec un programme d’exercices spécifique à la condition arthrosique, il s’assurera d’améliorer l’endurance et d’éviter les crises inflammatoires.

  

LE TRAITEMENT CHIRURGICAL (P.T.H.)

Certains éléments amèneront l’orthopédiste à vous proposer une prothèse de hanche. Ainsi, des facteurs comme :   l’âge, l’intensité de la douleur, la présence de raideurs et de boiteries importantes faciliteront la décision vers une chirurgie. L’âge et le niveau d’activité du patient constituent cependant deux points très importants à considérer en raison de la durée de vie d’une prothèse. Selon certaines études, dans 94% des cas, la durée de vie sera d’au moins 15 ans. Une opération chez un patient trop jeune pourrait mener vers une deuxième chirurgie à la même hanche. Il est important de prévoir que ce n’est pas une opération simple.  Par contre cette chirurgie est considérée en Europe comme l’intervention qui améliore le plus la vie des patients.

Après la chirurgie, on peut prévoir une période de convalescence d’environ trois à six mois. Certains patients pourront faire la rééducation par eux-mêmes.  D’autres auront besoin de professionnels en physiothérapie pour mobiliser, renforcer et améliorer l’endurance. Vous pouvez leur confier votre hanche neuve, au cours des dernières années ils ont développé une bonne expertise dans ce domaine.

 

 

  

 

André Girard, pht