La fête des coureurs

La course à pied est un sport très solitaire. À part quelques sorties en groupe, les entraînements se font habituellement en solo. Justement, lorsqu’une compétition majeure est organisée, tous les coureurs sont heureux de  se rencontrer et de se mesurer.

Dimanche, le 28 septembre, j’ai assisté en tant qu’accompagnateur, motivateur et observateur au marathon "rock ’n’ roll" de Montréal. En effet, par défi, mon ami Serge tentait un premier marathon à l’âge de 58 ans après un an d’entraînement méticuleux et rigoureux.

Il serait facile cette semaine de vous énumérer les principales blessures observées à la course à pied. Les tendinites d’Achille, les périostites, les élongations musculaires et les crampes sont le lot de tous les coureurs de longue distance. Par contre, il est beaucoup plus difficile de vous parler des problèmes de santé et des visites chez le médecin qui ont été évitées grâce à l’entraînement quotidien.  Les bienfaits de l’activité physique sont maintenant reconnus universellement. Des problèmes comme la haute tension artérielle, le diabète, l’obésité sont beaucoup plus lourds et coûteux à traiter qu’une périostite du coureur.

Je tiens à souligner que j’ai été agréablement surpris par la qualité de l’organisation et par l’implication essentielle de nombreux bénévoles. Par une température idéale, j’ai pris le soin de me mêler à la masse des coureurs et des spectateurs, au départ, à la mi-parcours et à l’arrivée afin de me tremper dans l’ambiance. L’an passé, de nombreuses critiques avaient été relevées par les médias.

Avant le départ du marathon, il était impressionnant de voir une marée d’athlètes de tous les âges et de toutes les morphologies mais avec la même détermination de vouloir terminer la difficile épreuve  de 42.2 km.

Même à 8 heure le matin, un groupe musical "Rock ‘n’ Roll" de qualité, animait la foule sur le pont Jacques Cartier. J’ai pu y observer les habitudes, les coutumes et les superstitions de certains coureurs :

Les étirements spéciaux des uns.

Les réchauffements aller-retour des autres.

L’application de baumes secrets.

L’absorption de liquide énergétique.

Chacun a sa recette gagnante.

  

On y remarque toutes sortes d’habillements de différentes couleurs, même un participant déguisé en clown et courant pieds nus. Des espadrilles de toutes les marques, allant du très souple et léger au support total.

Plusieurs coureurs sont en confiance avec le sentiment du devoir accompli, un peu comme un élève qui a bien étudié et qui a hâte de montrer ce qu’il sait à son examen.

D’autres sont inquiets devant l’ampleur de la tâche à accomplir se demandant s’ils se sont assez entraînés dans les mois précédents. Dans la masse de coureurs, ils se comparent et ils voient de  très bons joggers compétitifs et impressionnants.

Pour compléter un marathon, on ne peut pas tricher à l’entraînement car les crampes, les douleurs à l’estomac et le "mur" vous attendent à chaque virage.

Après une marche d’environ 10 km, je me retrouve à mi-parcours du marathon bien situé sur le boulevard St-Joseph. Déjà certains coureurs souffrent de la chaleur.

À ce point, vers 10h30 A.M., la population Montréalaise est debout et très nombreuse à soutenir la Horde de coureurs.

Même que certaines personnes encourageaient les participants en les appelants par leur prénom. Quelle mémoire! Elles les connaissaient tous! C’est plus tard que je me suis aperçu que le prénom du coureur était inscrit sur le dossard!

Durant la course,  de nombreux comportements nous démontrent aussi le dépassement dont l’être humain est capable pour vaincre l’adversité. Pas question d’abandonner.

Encore 5 km de marche et je me retrouve à l’arrivée où une foule considérable de partisans encouragent bruyamment et  avec entrain les derniers efforts.

Certains coureurs sprintent pour le dernier 100 mètres. D’autres, peu nombreux, ralentissent, le temps n’étant pas important pour eux. La majorité suit son rythme de croisière. À la fin, effondrements fréquents à la ligne d’arrivée, signe d’une délivrance physique et psychologique bien méritée!

Dure journée! À peu près 15 km de marche. C’est fatiguant un marathon! Bravo à tous les coureurs pour vos efforts et pour votre investissement dans votre santé.

      

André Girard, pht