L’épaule déchirée.

Marcel est dans la mi-quarantaine.  Comme à chaque mois de novembre et en préparation de l’hiver, il monte au grenier de son garage pour y récupérer ses pneus.  D’un poids assez considérable car étant déjà sur des jantes, ils sont difficiles à manipuler.  En soulevant l’un de ces pneus, il a senti une vive douleur à l’épaule droite qui a persisté toute la journée, l’obligeant à remettre son projet d’en faire la pose.

Daniel est un jeune quinquagénaire qui a un métier difficile.  En effet, il travaille dans un garage spécialisé dans la vente et la pose de pneus.  Il doit s’adapter à des périodes de pointe comme lorsque la première neige est annoncée ou qu’elle tombe sans y être invitée.  À longueur de journée et de semaine il change de lourds pneus, répétant sans cesse les mêmes mouvements.  Depuis 4 semaines il ressent constamment une douleur à l’épaule.  La semaine dernière,  en position instable, il a voulu retenir une roue d’auto, les bras en élévation.  Il a immédiatement ressenti une forte douleur l’obligeant à laisser tomber le poids et étant absolument incapable de poursuivre son travail journalier.

  

DÉCOIFFÉE

Vous avez déjà entendu parler de personnes qui se sont déchirées la coiffe des rotateurs de l’épaule? C’est une pathologie particulièrement douloureuse.

Plusieurs muscles et tendons au niveau de l’épaule permettent un fonctionnement harmonieux.  Parmi eux, certains sont plus fragiles que d’autres.  Ils recouvrent ou coiffent la tête de l’humérus.  On les appelle les muscles de la coiffe des rotateurs.  Autour de la cinquantaine, ils deviennent beaucoup plus fragiles et plus sensibles à des déchirures multiples.

On a longtemps pensé que la pression de l’os acromiale de l’épaule sur le tendon sus-épineux était la cause de nombreuses lésions et de déchirures des tendons.  De récentes études tendent plutôt à démontrer une cause aux déchirures par des traumatismes.

 Les symptômes de Marcel et Daniel persistent ce qui les amènent à consulter.

En premier lieu, ils rencontrent un physiothérapeute qui suspecte rapidement une déchirure de la coiffe des rotateurs.  Par un examen clinique minutieux et de par la nature même du traumatisme, il soupçonne une déchirure partielle chez Marcel et une déchirure complète chez Daniel.

Le physiothérapeute conseille  donc à ses patients de consulter leur médecin pour confirmer la lésion.  L’’imagerie, comme la radiographie simple,  l’échographie professionnelle ou une arthro I.R.M. serviront à préciser le site et la gravité des déchirures.

 

LE TRAITEMENT

Les traitements récents comme les ondes de choc ou les injections de plasma riche en plaquette n’ont pas fait leurs preuves.

Passé la cinquantaine, il n’est pas certain que l’orthopédiste décide d’une chirurgie de réparation de la coiffe. Cela dépend de plusieurs facteurs dont votre type de travail et votre niveau d’activités.  Par contre, au cours des dernières années, nous voyons de plus en plus de gens plus âgés qui sont opérés avec succès. Ils peuvent souvent reprendre leurs activités professionnelles et sportives ensuite.  Récemment, certaines prothèses à l’épaule peuvent être aussi envisagées en chirurgie pour les cas plus graves avec arthrose.

Pour le traitement conservateur en physiothérapie,  on s’appliquera à conserver la mobilité de l’épaule et à renforcer les fibres musculaires et tendineuses qui restent.

En post-opératoire, les physiothérapeutes sauront aussi vous guider pour assurer une réadaptation optimale selon certains protocoles bien précis établis en collaboration avec le chirurgien-orthopédiste.

 

  André Girard,  physiothérapeute