Blessures chez les pompiers

 

Ils ont fait parler d’eux récemment et pas nécessairement pour les bonnes raisons ! L’opinion publique n’a pas été très tendre envers eux depuis le saccage de l’hôtel de ville de Montréal.

De plus, certaines récriminations entendues "à micro fermé" contre les sapeurs-pompiers viennent souvent ternir la réputation enviable qu’ils se sont forgée. Depuis leur débarquement municipal, dans les coulisses nous entendons qu’ils sont très bien payés pour s’entraîner, qu’ils interviennent que très rarement, qu’ils sauvent rarement des vies, qu’ils laissent brûler les rares feux.

Cependant, leurs interventions dans des zones à risques et en situation d’urgence, avec la possibilité de sauver des vies contribuent à maintenir la perception dans le public d’être indispensable. Rappelez-vous lors des évènements du 11 septembre 2001? Ils étaient en première ligne, impliqués dans l’action et ils avaient pris les choses en main.

Mais oublions les derniers évènements et analysons les risques de blessures associés à leur métier périlleux.

J’ai dernièrement eu des discussions avec un responsable des pompiers de ville Saguenay. Ce dernier me faisait part des principales blessures pouvant survenir chez son personnel, hommes et femmes.

Premièrement, il ne faut pas penser qu’en situation d’urgence, lorsqu’ils doivent intervenir auprès de personnes en danger, qu’ils ont le temps de faire un réchauffement préventif.

Deuxièmement, imaginez que vous deviez travailler dans des conditions  d’humidité et de chaleur estivale avec des vêtements ignifuges vous faisant sentir comme dans un sauna permanent.

Enfin, installez-vous sur les épaules  un attelage et des bonbonnes pouvant peser jusqu’à 25 kilogrammes avec un masque et un casque encombrants et de lourdes bottes de travail. Vous comprendrez alors pourquoi ils peuvent se blesser.

Pour eux, la prévention consiste surtout en une formation adéquate et l’obligation de se tenir en bonne forme physique.

En clinique, on observe que les blessures au bas du dos  sont fréquentes. Le poids de l’équipement et la nécessité à l’occasion de devoir forcer sans avoir le temps de prendre les bonnes positions ergonomiques peuvent déclencher des entorses lombaires.

D’autres problèmes lombaires rencontrés chez les pompiers plus âgés impliquent les disques intervertébraux. On parle ici de lumbagos, d’écrasements ou bombements discaux, ou d’incommodantes hernies discales.

Les pompiers présentent aussi des blessures aux chevilles et aux genoux. Certains étirements ligamentaires et des fasciites plantaires sont dues aussi aux lourdes bottes de travail et à l’environnement de travail hasardeux et dangereux dans lequel ils évoluent.

Des tendinites au niveau des coudes, comme des épicondylites, (à force de laver les camions!) (c’est un gag!) et de manipuler les puissants boyaux d’arrosage peuvent survenir.

À l’occasion on peut observer des subluxations vertébrales cervicales ou dérangements intervertébraux mineurs lorsque le casque protecteur entre en contact avec des objets hétéroclites. Les pressions sur la tête et sur la colonne cervicale peuvent causer des cervicalgies et des maux de tête.

Matériaux à l’épreuve du feu, gicleurs, équipements sophistiqués etc ne remplaceront pas le courage et les interventions ponctuelles des pompiers. Comme le mentionne ma conjointe : " J’aime mieux les voir s’entraîner ou sur des calendriers que dans ma résidence avec leurs attirails! "

   

André Girard, pht