Questions de l’entraîneur

Au cours de la dernière année, nous avons eu l’occasion de parler fréquemment de la course sous plusieurs formes. Les blessures du marathon, au cross fit, au spartan race et au cross-country ont été abordées.

Vincent, un jeune entraîneur de cross-country m’a écrit pour préciser certaines interrogations souvent discutées mais dont les réponses peuvent varier énormément d’un professionnel à l’autre.

Voici ses questions :

"La saison de cross-country bat son plein. En tant qu’entraîneur de l’équipe du Collège Garneau, j’ai à répondre à de nombreuses questions concernant le traitement des blessures. Cependant, l’intensité de la courte saison,  l’augmentation du volume d’entraînement, une transition trop rapide à des souliers minimalismes et les terrains inégaux des sites de compétition font en sorte que plusieurs de mes jeunes coureurs se retrouvent avec certaines douleurs qui les incommodent. Je connais bien les blessures les plus communes chez les coureurs mais je ne suis pas certain des traitements à recommander. Glace, massage, anti-inflammatoire, repos, étirement,  pourriez-vous m’éclairer?"

Avant de répondre, je tiens à rappeler que le corps humain a de fabuleuses capacités d’adaptation. Cependant,  si on dépasse les limites individuelles des sportifs pour une période trop longue, on pénètre alors dans la zone de blessures.

La glace : 

 

L’application de glace est une très bonne façon de contrôler le niveau inflammatoire surtout si utilisée après l’activité. C’est un  moyen peu coûteux, fiable et sans effet secondaire. Par exemple, les lanceurs au baseball, après avoir lancé quelques manches, appliquent systématiquement de la glace sur l’épaule et le coude dans le but de pouvoir être capable de relancer le plus rapidement possible. À utiliser fréquemment, pour diverses blessures, pour près de 15 minutes.

 

Massage :

 

Les massages sont peu recommandés pour tout ce qui concerne les blessures musculaires. Les claquages, les élongations musculaires et les crampes sévères supposent une déchirure partielle des fibres musculaires. Si ces dernières sont en voie de cicatrisation et que vous massez en profondeur les tissus, vous risquez de retardez la guérison. À utiliser avec parcimonie et justesse. 

 

Les anti-inflammatoires:

 

Plusieurs études récentes viennent contredire les effets bénéfiques des anti-inflammatoires sur la guérison des blessures. Ils seraient même nuisibles! Mais attention, de nombreux sportifs, surtout après la quarantaine, en prennent au besoin avant ou après l’activité. Ils observent surtout qu’ils sont ensuite moins courbaturés.

 

Il faut faire attention ici de ne pas généraliser les effets négatifs ou positifs des anti-inflammatoires. Certaines crèmes comme ″voltaren″, d’application superficielle, contiennent aussi des éléments anti-inflammatoires.    

 

À utiliser aussi avec parcimonie et prudence car il peut y avoir des effets secondaire à l’estomac et sur la pression artérielle. À préciser avec votre pharmacien.

 

Le repos :

 

Le repos de courte durée pour une blessure aiguë est très important. Imaginez que vous ayez une blessure sur un bras qui est en train de cicatriser et que vous bougez violemment. La réparation des tissus sera toujours à recommencer. De plus, au cours de l’année, peut importe le sport, les athlètes devraient à mon avis s’accorder des périodes de repos physiques et psychologiques. Cela ne peut être que très salutaire à plusieurs niveaux. À utiliser à des moments propices. 

Les étirements : 

 

Au cours des dernières années, pour les étirements aussi, leurs effets bénéfiques  ont été très contestés. Les dernières études montrent peu d’avantage lorsqu’ils sont pratiqués immédiatement avant ou après l’activité.

 

Ici aussi, il faut faire attention de ne pas généraliser et bien évaluer l’athlète devant vous. Certains sportifs sont très souples. D’autres, surtout chez les hommes,  sont trop raides ou tendus.

À mon avis, les seconds profitent d’avantage des étirements réguliers. Pas contre, les gens trop souples naturellement doivent être  surtout renforcés, de façon équilibrée et intelligente 

 

Comme vous le voyez, il n’y a pas de recettes magiques et de réponses "béton". C’est du cas par cas avec beaucoup d’essais et d’erreurs. C’est ici que l’expérience de l’entraîneur servira à guider ses adeptes. Mais attention aux pseudos experts et aux gourous! 

 

André Girard, pht