Blessures chez les hyper laxés et les hyper raides

Lorsque j’évalue un patient en physiothérapie, qui vient me consulter pour un problème articulaire, je prends toujours le temps de vérifier son degré de laxité ligamentaire. Mon approche thérapeutique dépendra ensuite du résultat.

En effet, en clinique nous observons des patients qui sont très très souples ou hyper laxés et d’autre qui sont super raides. Entre les deux, il y a toute une gamme qui regroupe la majorité d’entre nous. Les extrêmes sont problématiques. Par exemple, les contorsionnistes de cirque qui sont capables de se mettre un pied dans la bouche sont souvent aux prises avec une hyper laxité congénitale problématique. 

Chez les enfants on observe souvent une hyper laxité articulaire physiologique, cette hyper laxité se manifeste par une capacité de flexion et d’extension des articulations au-delà des limites de la normale. 

Une élasticité excessive des tissus comme les muscles, les ligaments des tendons et même la peau est appelée hyper laxie. Sur le terrain, on voit souvent des ligaments problématiques.

Pour faire parti des grands Ballets Canadiens, il vaut mieux être né avec hyper laxie naturelle. Vous aurez alors plus de chance d’être choisi.

À L’inverse si vous faites du judo de haut niveau, vous avez intérêt à avoir une structure ligamentaire plutôt raide. Certaines prises ou clés portées chez une personne trop souple pourrait causer des luxations articulaires majeures. Des épaules et des coudes luxés ou sortis de leur socle articulaire sont observables en entrainement et en compétition. 

En physiothérapie, quand nous avons à composer avec une personne raide, habituellement nous réussissons à l’assouplir et à l’étirer à l’aide de la thérapie manuelle et d’exercices bien ciblés.

Par contre, avec les hyper laxés, nous avons beaucoup de difficultés à les renforcer. À l’aide d’exercices avec poids et haltères nous sommes capables d’améliorer la force d’un muscle. Cependant, la force d’un ligament n’est pas augmenter par les exercices avec poids. Certains exercices de proprioception et d’équilibre peuvent aider mais le ligament laxé restera laxé. Il faut donc composer avec cela en thérapie. 

Il est important, aussi de bien choisir son sport, Vous voulez faire de la natation, de la danse ou de la gymnastique, il vaudra mieux que vous ayez une bonne souplesse naturelle de base. 

À l’inverse vous désirer pratiquer le hockey, le judo ou l’haltérophilie, vous aurez intérêt à avoir une bonne stabilité articulaire innée. 

Si vous pratiquez un sport et que vous êtes continuellement blessé, posez-vous la question : Suis-je trop souple ou trop raide pour pratiquer mon activité préféré? 

 

André Girard, pht